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L I B E R T É - H E B D O • d u 2 2 a u 2 8 j u i l l e t 2 0 1 1 page 2 Une Palestine qui souffre, mais qui compte «
des talents » Un groupe d’étudiantes palestiniennes de
Gaza a passé quelques jours à Lille, pour « défendre la cause palestinienne ». Par Ludovic FINEZ Maram, Eman,
Nour, Rana et Lara ont
une vingtaine d’années. Elles sont étudiantes à Gaza, en langues, en
littérature, en sciences de l’éducation… Elles sont également membres d’un
club de jeunes journalistes, qui réalise des films documentaires, des
reportages photographiques, des pièces de théâtre… Invitées pour un séjour en
France par la ville de Nevers, elles sont également passées par la Suisse, Paris
et Lille. A Lille, elles ont été accueillies par des membres lillois de PalMed Europe, une fondation qui regroupe des médecins
palestiniens installés en Europe. Elles ont également échangé avec des
membres de l’AFPS Nord/Pas-de-Calais (Association France-Palestine
solidarité), qui a organisé une rencontre avec la presse. « Etre entendues par le monde libre » « Le but est de
présenter la cause palestinienne, d’échanger avec des jeunes d’autres pays
qui soutiennent la paix. Parler pour être entendues par le monde libre »,
expliquent-elles. Pendant la guerre menée par l’armée israélienne à Gaza en
2009, elles sont allées dans les écoles et les hôpitaux tenus par l’Onu, à la
rencontre des victimes, pour leur apporter un « soutien psychologique »
mais également « montrer ce qui se passe ». Elles ont parfois assuré
un relais avec des journalistes. Elles ont également rencontré des avocats
arabes et occidentaux pour exposer ce qu’elles ont vu. Un livre a même été
publié, titré « Les jeunes ambassadeurs », non traduit en français pour le
moment. Leur visite en France
participe de la même démarche. Témoigner encore et toujours : la guerre, le «
siège de Gaza », les « check-points », les « souffrances »
du peuple palestinien, le sort des réfugiés, que ce soit à l’étranger ou au
sein même des territoires palestiniens, les difficultés pour sortir de
Gaza... Elles insistent sur le « besoin de solidarité et de soutien ».
Elles glissent au passage qu’elles n’ont « aucun problème avec les
Israéliens qui critiquent l’action d’Israël et qui reconnaissent [leurs] droits
». L’une a même des « amis en Israël »,
qui « sont désolés de ce que fait leur gouvernement ». Au-delà des « souffrances », Maram, Eman, Nour, Rana et Lara veulent aussi
présenter l’image d’une Palestine qui compte « beaucoup de talents » :
artistes, sportifs… Elles appartiennent à « une génération qui essaie
d’amener un certain développement aux Palestiniens et au pays ». « Nous
sommes toutes des filles. Nous voulons changer cette idée que les femmes de
Gaza sont oppressées. Nous avons le droit ne nous exprimer », ajoute
l’une d’entre elles. « Le peuple palestinien aime voyager, voir les
autres, le monde… » Tout simplement. |