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La défense de Jérusalem n’est plus
seulement un enjeu politique, mais un combat juridique, humanitaire et
moral
Partie 1 :
Depuis des années, des groupes de colons
israéliens, soutenus par les politiques gouvernementales, ciblent Silwan,
situé juste au sud de la mosquée Al-Aqsa.
Les autorités israéliennes démolissent régulièrement
les maisons palestiniennes, tandis que les organisations de colons
utilisent l’intimidation et des mécanismes juridiques pour s’emparer des
propriétés des habitants de longue date.
…
Au début du mois, un groupe de colons a expulsé
de force deux familles de leurs maisons à Silwan, laissant des dizaines
de personnes sans abri.
Environ 24 autres familles, soit environ 130
personnes, sont désormais menacées d’expulsion imminente.
Cette expulsion s’inscrit dans une campagne plus
vaste d’expulsion de quelque 2.200 Palestiniens de Silwan.
L’organisation israélienne de défense des droits
humains B’Tselem qualifie cette campagne de « nettoyage ethnique »
orchestré par le gouvernement et le Premier ministre, et qui affecte
environ 220 familles.
…
Selon l’analyste politique Firas Yaghi, la
politique israélienne depuis l’occupation de Jérusalem-Est en 1967
consiste à déplacer de force les Palestiniens de Silwan, à titre de
punition collective et de dépeuplement, au profit des colons juifs.
Il a déclaré à MEE que cette politique
confine les Palestiniens de Jérusalem-Est à des zones de plus en plus
restreintes et empêche l’expansion urbaine naturelle. Seuls 13 % environ
du territoire, a-t-il précisé, sont zonés pour la construction
palestinienne.
« Les Israéliens appellent cet endroit la
Cité de David », a déclaré Yaghi. « Il est donc
considéré comme un lieu saint où la présence juive est requise.»
Il a ajouté que des plans sont en cours pour
démolir jusqu’à 45.000 maisons palestiniennes dans le cadre de ce qu’il a
décrit comme la judaïsation de Jérusalem – un processus qui, selon les
analystes palestiniens, vise à remplacer l’identité palestinienne de la
ville par une identité juive.
Partie 2 :
Le gouvernorat de Jérusalem a alerté dimanche sur le fait que
les autorités israéliennes envisagent d’approuver la construction de 9
000 logements sur les ruines de l’aéroport de Qalandiya, également connu
sous le nom d’Atarot, ainsi qu’un autre projet à Sheikh Jarrah visant à
déplacer 40 familles.
La colonie prévue par le plan Atarot serait construite dans
une zone urbaine palestinienne densément peuplée. Elle s’étendrait de
Ramallah et Kufr Aqab au nord jusqu’au camp de réfugiés de Qalandiya,
Al-Ram, Beit Hanina et Bir Nabala. Suspendu en décembre 2025, ce plan est
perçu par les analystes comme visant à rendre impossible l’existence d’un
État palestinien contigu.
“La superficie actuelle de Jérusalem-Est, selon la définition
israélienne, est de 71 km²”, explique l’analyste Suhail Khalilieh sur Al
Jazeera. “Avec ces ajouts, le ‘Grand Jérusalem’ sous contrôle israélien
atteindra 246 km², soit 4,5 % […] de la superficie de la Cisjordanie,
dans le but d’empêcher toute possibilité d’établir une capitale
palestinienne à Jérusalem-Est.”
Partie 3 :
Les autorités d’occupation israéliennes ne se
contentent pas de discuter de deux nouveaux projets de colonisation à
Jérusalem ; elles entrent dans une nouvelle phase par le biais de
l’urbanisme, où les cartes deviennent des outils de décision politique et
les comités de planification une arme silencieuse pour redessiner le
visage de la ville et imposer des faits irréversibles sur le terrain.
Le gouvernorat de Jérusalem a averti que les deux
projets inscrits à l’ordre du jour du soi-disant Comité de planification
et de construction de district représentent un bond qualitatif dans le
projet de judaïsation de la ville, révélant un changement de cap de la
part de l’occupation, passant d’une politique d’« expansion
progressive » à une politique d’encerclement géographique complet de
Jérusalem, qui la coupe de son environnement palestinien.
…
Le projet Atarot concerne le terrain de l’ancien aéroport
international de Jérusalem, un site d’une importance capitale dans la
conscience politique palestinienne, car l’aéroport constituait l’un des
symboles les plus importants de la souveraineté potentielle dans toute
future colonie. Aujourd’hui, cette zone est vouée à se transformer en un
vaste bloc de colonisation comprenant près de 9.000 logements, faisant de
facto de Jérusalem-Est une enclave israélienne fermée. …Selon les
estimations d’experts, la mise en œuvre du seul plan Atarot ajouterait
des dizaines de milliers de colons en quelques années, à un moment où les
quartiers palestiniens sont soumis à des politiques de démolition
systématiques, au refus de permis de construire et à des taxes
exorbitantes qui contraignent les habitants à l’exil.
…
C’est dans le quartier de Sheikh Jarrah que la politique de
colonisation se manifeste sous sa forme la plus manifeste. Le plan
Nahalat Shimon ne vise pas des terrains vagues, mais un quartier habité
où des Palestiniens vivent depuis des décennies, et prévoit sa
destruction complète au profit d’une nouvelle colonie.
L’avocat Medhat Diba, spécialiste des affaires de Jérusalem,
confirme que ce qui se passe « constitue un déplacement forcé au sens
juridique du terme », expliquant que « l’occupation utilise un système juridique dualiste : des lois
conçues pour protéger le colon, et d’autres utilisées comme un instrument
de répression contre le Palestinien »… Le
ciblage ne se limite pas à la construction de colonies ; il vise à
démanteler le tissu urbain et social du quartier par le biais de projets
de liaison entre les colonies, traversant Karm al-Mufti et le Mont
Scopus, et atteignant les abords de l’Université hébraïque. … Les experts
estiment que ces projets s’inscrivent dans une stratégie plus large
visant à effacer définitivement la Ligne verte et à redéfinir Jérusalem
comme une ville « unifiée » selon la vision israélienne,
sans tenir compte des conditions politiques ou juridiques.
….
Jérusalem : Un combat pour
la survie, pas pour des cartes
Le Gouvernorat de Jérusalem affirme que ce qui se
déroule actuellement n’est pas un simple projet d’urbanisme, mais un
combat pour la survie de la ville, de ses habitants et de son histoire.
Il avertit que le silence international encourage Israël à imposer des
faits accomplis.
Il souligne que la défense de Jérusalem n’est
plus seulement un enjeu politique, mais un combat juridique, humanitaire
et moral qui exige une action internationale résolue, avant que la ville
ne soit transformée en une nouvelle réalité qui ne ressemble plus ni à
ses habitants ni à son histoire.
Pour lire les articles complets :
Partie 1 : International Solidarity
Movement le 12 janvier 2026:
« Une course
contre la montre » : Silwan, à Jérusalem, face à l’escalade des
expulsions israéliennes
Partie
2 : Agence Média Palestine le 13 janvier 2026 :
Cisjordanie
au jour le jour : Israël ordonne la fermeture de la plus ancienne
clinique de l’UNRWA
Partie
3 : International Solidarity Movement
le 12 janvier 2026 :
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