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Politiques d'occupation à Jérusalem… Modifications
démographiques systématiques et armement des colons
Centre
palestinien d’information le 18 mars 2026
https://french.palinfo.com/rapports/2026/03/18/350444/
Dans
un contexte de mutations régionales accélérées et d’attention
internationale focalisée sur les crises de la région, les politiques
sionistes visant à remodeler le paysage démographique et juridique de
Jérusalem occupée s’intensifient. Entre les restrictions sécuritaires
renforcées, l’expansion de la colonisation et l’armement des colons,
s’accumulent des mesures que les institutions palestiniennes décrivent
comme faisant partie d’un projet à long terme visant à consacrer le
contrôle exclusif de l’entité occupante génocidaire sur la ville sainte,
dans une démarche qui menace ce qui reste de son caractère
multiconfessionnel et multiethnique.
Cette réalité est mise en lumière par le dernier rapport
hebdomadaire publié par le Bureau national pour la défense de la terre et
la résistance à la colonisation, qui rend compte de l’escalade des
mesures sionistes à Jérusalem et en Cisjordanie au cours de la période
comprise entre le 7 et le 13 mars 2026, et met en garde contre leurs
répercussions politiques et humanitaires.
Evolution démographique à Jérusalem
Le rapport indique que les autorités d’occupation continuent
de mettre en œuvre des politiques discriminatoires et systématiques
visant à modifier l’équilibre démographique et religieux à Jérusalem
occupée, par le biais d’une série de mesures comprenant des démolitions
et des expulsions forcées, des restrictions à la liberté de circulation
des Palestiniens, ainsi que des ingérences dans la liberté de culte.
Dans ce sens, la mosquée al-Aqsa fait l’objet de mesures
répressives, parmi lesquelles sa fermeture aux fidèles musulmans pour la
troisième semaine du ramadan, ce qui exacerbe les tensions dans la ville,
d’autant plus que ces mesures – selon le rapport – ne sont pas liées aux
considérations sécuritaires invoquées par l’entité criminelle, mais
s’inscrivent dans un projet plus large visant à consolider son contrôle
sur la ville.
Les données des Nations unies montrent que ces dernières
années ont été marquées par une escalade notable des mesures sionistes à Jérusalem. Entre 2021 et 2025, 144
Palestiniens ont été tués et 11.555 ont été arrêtés de manière
arbitraire, en plus de 1.732 opérations de démolition de maisons et
d’installations.
L’éducation
sous pression
Les pressions sionistes ne se limitent pas aux domaines de la
sécurité et de l’urbanisme, mais s’étendent également au secteur de l’éducation,
où la situation scolaire s’est détériorée à Jérusalem-Est à la suite de
mesures législatives abusives visant les activités de l’Office de secours
et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) et
de ses établissements scolaires.
Le rapport souligne que ces mesures constituent une violation
flagrante du droit international, qui garantit l’immunité juridique aux
organisations internationales opérant dans les territoires occupés. Les
Palestiniens craignent que ces politiques ne conduisent à l’effondrement
du système éducatif de la ville et ne privent des milliers d’élèves de
leur droit à l’éducation.
Lois
discriminatoires et armement des colons
Le rapport estime que les lois sionistes relatives à la
propriété immobilière à Jérusalem constituent l’une des manifestations
les plus flagrantes de la discrimination, puisqu’elles empêchent les
Palestiniens de récupérer les biens qu’ils ont perdus pendant la guerre
de 1947-1949, tout en permettant aux Juifs de revendiquer des biens qu’ils
prétendent avoir perdus au cours de la même période.
Selon des experts juridiques, ces politiques sont contraires
aux règles du droit international humanitaire et du droit des droits de
l’homme, qui interdisent la confiscation de biens privés ou le déplacement
de populations protégées dans les territoires occupés.
Parmi les développements les plus marquants relevés par le
rapport figure la politique d’armement des colons menée par le ministre sioniste
de la Sécurité nationale, Ben-Gvir, l’un des principaux partenaires du
Premier ministre de l’occupation, Netanyahu, au sein de la coalition au
pouvoir.
Selon ce qu’a publié Ben-Gvir sur la plateforme « X »,
41 quartiers juifs de Jérusalem sont désormais éligibles à
l’obtention d’un permis de port d’armes à feu personnelles, ce qui
signifie un élargissement de l’armement de la population juive de la
ville.
Selon des informations parues dans la presse sioniste,
notamment dans les journaux « Ha’aretz » et « Yedi’ot
Aharonot », cette décision pourrait permettre à environ 600.000
personnes de la population juive de Jérusalem, éligibles à l’obtention
d’un permis de port d’arme, de constituer la majorité, parmi environ 1
million d’habitants.
Ben Gvir avait lancé cette politique d’armement des sionistes
à la fin de l’année 2023, 250.000 colons ont été armés depuis lors, en
mettant particulièrement l’accent sur les colons de Cisjordanie et les
zones classées comme « à haut risque sur le plan sécuritaire ».
Le rapport met en garde contre le fait que l’armement
croissant des colons pourrait entraîner une escalade dangereuse des
agressions contre les Palestiniens, en particulier compte tenu de la
recrudescence de la violence des colons depuis le début de la guerre à
Gaza en octobre 2023.
En Cisjordanie, les derniers mois ont été marqués par une
hausse notable des attaques menées par des colons, souvent sous la
protection de l’armée génocidaire sioniste.
Selon les estimations les attaques contre les Palestiniens ont
augmenté de 25 % depuis le début de la guerre américaine contre l’Iran.
Expulsion
des communautés bédouines
Parallèlement à l’escalade de la violence des colons, les
opérations d’expulsion des communautés bédouines se poursuivent en
Cisjordanie, où des colons ont contraint les habitants de plusieurs
communautés à démanteler leurs habitations et à partir sous la pression
d’agressions répétées.
Dans les environs de Jérusalem, 7.000 Palestiniens vivant
dans 33 villages bédouins sont menacés d’expulsion, en raison des
démolitions répétées, de l’accaparement des terres et de la privation des
habitants de leurs ressources naturelles et de leurs moyens de
subsistance.
Parmi ces communautés figure celle des Bédouins de « Shikara
», près du village de Douma, au sud de Naplouse, dont 70 habitants ont
été contraints, de quitter la région après la destruction de leurs
habitations et de leurs biens.
L'inquiétude grandit également quant au sort de
14 communautés bédouines dans la zone E1 à l’est de Jérusalem,
où l’entité sioniste prévoit de construire un vaste projet de
colonisation reliant la colonie de Ma’ale Adumim à Jérusalem, un projet
qui pourrait, selon les experts, couper la continuité géographique entre
le nord et le sud de la Cisjordanie.
Exploitation
de la situation régionale
Selon des observateurs palestiniens, l’intensification de
l’activité coloniale à ce stade est également liée à l’attention que
porte la communauté internationale aux répercussions de la guerre dans la
région, ce qui crée, selon eux, un contexte propice à la mise en œuvre de
projets coloniaux préparés de longue date.
Le rapport souligne que cette réalité place les communautés
palestiniennes, en particulier les communautés bédouines, face à des
défis existentiels liés à leur survie sur le terrain, en l’absence de
protection internationale.
Malgré des ressources limitées,
les Palestiniens misent sur la résilience de ces communautés, qui sont
devenues dans de nombreux cas la première ligne de défense des terres
menacées par les confiscations et l'expansion
des colonies, dans une longue bataille pour l’avenir de leurs terres et leur présence
à Jérusalem et en Cisjordanie.
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