Gaza
continue de subir un «cessez-le-feu» sous les bombes, dans l’insalubrité
et sans aide humanitaire
Par RFI le 23 avril 2026
Alors que le cessez-le-feu se poursuit entre Israël et le
Hezbollah libanais, malgré sa fragilité, beaucoup questionnent les
garanties d’un tel accord avec l’État hébreu, surtout en ayant en tête la
situation de la bande de Gaza. Car six mois après avoir été signé le 10
octobre 2025, les Gazaouis estiment que le cessez-le-feu dans le
territoire palestinien n'en est pas vraiment un : il a été violé par
Israël des centaines de fois depuis son entrée en vigueur.
Ce
que les Gazaouis racontent en premier au téléphone, ce sont les
bombardements qui n'ont pas cessé. Mercredi 22 avril au soir, une frappe
aérienne israélienne a notamment ciblé un groupe de civils dans le nord
de Gaza, faisant cinq morts dont trois enfants, a annoncé l'agence de
défense civile du territoire palestinien. « Cinq Palestiniens,
dont trois enfants, ont été tués dans une frappe aérienne israélienne qui
a ciblé un groupe de civils près de la mosquée Al-Qassam à Beit Lahia »,
a souligné l'agence, qui opère comme service de secours sous l'autorité
du Hamas, dans un communiqué.
Les
habitants se plaignent également exorbitant des denrées alimentaires du
prix et de l'eau potable qui manque, notamment.
Pour
Salma Altaweel, l'odeur nauséabonde qui règne dans la ville de Gaza est
une preuve des conditions difficiles : « Il y a aussi une
quantité croissante de déchets dans les rues, ce qui augmente les risques
de maladies. Sur un plan très personnel, il m’arrive parfois de me
réveiller la nuit au bruit des rongeurs qui fouillent sous les décombres
de l’immeuble juste à côté du mien. C’est vraiment effrayant et j’ai
toujours peur qu’ils finissent par trouver un moyen d’entrer dans mon
appartement. »
Se
déplacer est devenu presque impossible, soupire Salma. Les restes des
bâtiments pulvérisés sont toujours au sol « et malgré le
soi-disant cessez-le-feu, nous vivons toujours dans l’incertitude ; nous
sommes coincés dans une zone grise et ne savons pas ce qui va suivre ».
L'escalade
régionale au Moyen-Orient a dévié l'attention internationale, explique
Anne-Claire Yaeesh, directrice de Handicap International pour la
Palestine. Gaza a été invisibilisé, alors que la violence y est continue
et répétée, dit-elle : « On est sur une situation qui est
catastrophique et qui continue d’empirer, où toutes les opérations
humanitaires qui pourraient à minima répondre aux besoins les plus
essentiels et les plus vitaux sont empêchées. »
Derrière,
il y a aussi une question de respect du droit international, soit l’obligation
d’Israël de faciliter les opérations des humanitaires.
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